Fête des morts au Mexique

L’origine de la fête des morts viendrait de la région du Michoacán. Ils étaient convaincus que les morts, vivants dans un monde souterrain parallèle, revenaient sur terre un jour par an. Un événement marqué par une grande fête.

Il y a longtemps que j’avais envie d’aller faire des images pour la fête des morts au Mexique. Rituel qui m’a intéressé.  Un premier séjour en 2014 et un second cette année à l’occasion « del dia de los muertos » m’ont conduit à Mexico city, San Luis Potosi et dans la région du Michoacán.

Mexico renoue avec la fête des morts grâce à un défilé

les traditions se maintiennent d’avantage en milieu rural que dans les villes. Pour renouer avec cette fête, la ville de Mexico a créé pour la première fois, un défilé « Dia de muertos » au style James Bond avec le look du film Spectre. C’est une grande parade sur le thème de la mort. Une foule énorme s’est déplacée pour assister à cette manifestation et parmi laquelle on trouve des personnages vêtus de costumes de personnages emblématiques. De nombreux mexicains se pressent autour d’eux pour faire une photo en leur compagnie._JCM5079 - Copie.JPG

Dans une paroisse de la capitale c’est aussi l’occasion de se réunir pour honorer San Judas de Tadeo, faire bénir la statuette du Saint afin de protéger son « chez soi ».

Dans les foyers, le lien avec les morts se fait aussi par l’installation d’autels (altar) qui occupent une pièce entière dans les familles touchées récemment par un décès. Plus modestement, dans d’autres cas, ils installent sur un buffet ou une table, les objets incontournables et les portraits des disparus.

Mexico city fête des morts 2016

Une tradition immuable dans le Michoacàn

Dans le cimetière de Tzintzuntzan dans le Michoacán est certainement l’endroit où la tradition semble immuable. Les familles se pressent dans la journée pour décorer les tombes en y intégrant les quatre éléments : la terre, le feu, le vent et surtout l’eau indispensable pour éviter les gorges asséchées des morts durant leur voyage depuis l’autre monde. Ensuite viennent les aliments préférés des défunts que l’on posent sur les tombes.

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Lorsque la nuit s’installe c’est une toute autre ambiance, le recueillement des familles : les enfants et les vieilles personnes passent la nuit ensemble pour être en relation avec les défunts. La musique est présente sous plusieurs formes avec des bandas (qui ne semblent pas faire l’unanimité), des mariachis et autres petits groupes, moins bruyants qui contre rémunération jouent pour les morts. Les corps se réchauffent par des feux allumés et sur lesquels chauffent le café dans une marmite.

Apprivoiser la mort

Jean-Claude Carrière dans son ouvrage : « le Dictionnaire amoureux du Mexique », auquel j’ai emprunté quelques lignes, évoque le lien qui se créé avec les morts :

« La nuit réunit ce que le jour sépare, ceux du dessus et du dessous se reconnaissent, s’écoutent, se parlent, parfois se réconcilient, se pardonnent. Le temps lui-même marque un arrêt. La vie et la mort se donnent la main ».

Cimetière de Tzintzuntzan Mexiique 2016
Fiesta de los muertos Mexico

Mon ami Poncho qui m’a accompagné lors du séjour à Michoacán m’a écrit une « calavera » qui, dans la tradition mexicaine est une sorte de satire caricaturant une personne de façon irrévérencieuse lors de leur mort.
Pour le remercier je lui ai proposé de faire son portrait officiel qui l’accompagnera le jour de son départ.

Au Mexique, peut être plus qu’ailleurs, ce dialogue et cette proximité avec la mort et peut être aussi une façon de l’apprivoiser car même si nous ne voulons pas la voir, personne n’y échappe!

Jean-Claude Martinez

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