Image réalisée dans la région du Maramures en Roumanie en 2001. En compagnie des deux photographes @PatriceBaccou et @BernardDelort nous étions en voiture un jour de pluie, un jour triste, un jour désespérant. Je vois ce personnage avec son enfant sur le vélo, nous nous arrêtons et les attendons un peu plus loin pour faire une image. A cette époque je travaille en argentique et je ne vais la découvrir que quelques semaines plus tard après le développement de mes films. Cette image qui compte beaucoup pour moi, m’a conduit à initié une nouvelle série d’images sur les relations affectives entre personnes qui se déplacent à vélo. Un exposition et un livre ont été produits: « Les cycles de l’amour » http://www.suerte-editions.com/nouveaux-livres.html

Vélo Roumanie Père et fils Les cycles de l'amour
Maramures Roumanie 2001 © photo Jean-Claude Martinez

Texte de Nicole Resseguier -2020- Habite dans l’Hérault.

Il rêvait de Tourmalet, de Galibier…..La vie n’a pas voulu lui faire ce cadeau.
Aujourd’hui, la douleur de son dos, après une dure journée de labeur, s’efface dans le regard émerveillé tourné vers lui.
Il se sent fort, prêt à battre des records de vitesse sur son vélo et partager pleinement avec son fils ces instants de complicité, de partage qui lui sont nécessaires pour supporter le quotidien souvent difficile. En arrivant devant l’école, il arbore un sourire qui met son fils en joie.

Lui, de son côté, il attend tous les soirs ce moment où il verra son père devant la grille de l’école, lui faire un signe en souriant. Alors, laissant ses copains, il court sans se retourner vers celui qu’il considère comme son héros. Il aime à se trouver sur ce vieux vélo, même si le guidon lui rend la position inconfortable et douloureuse pour ses petites jambes, il ne donnerait sa place à personne. Les puissantes mains de son père tiennent la machine avec sûreté, il irait jusqu’au bout du monde ainsi.

Aux odeurs de la campagne, vient se mêler l’odeur de l’huile de la chaîne de vélo…
Demain c’est le jour de repos en famille. Avec son père, Georgio aura le droit de nettoyer le vélo. Tout un programme !


Texte: Lisa Tamborero -2002- Lycée Henri IV Béziers

Mon papa, c’est lui le roi.

Aujourd’hui c’est dimanche, le jour du seigneur
Non ce n’est pas pour nous messe et enfants de chœur
Avec mon père on préfère les balades
Et au bar du coin siroter la limonade.

Sous son chapeau c’est lui le plus beau mon papa
Sous son chapeau c’est lui le héros mon papa.

Perché sur son vélo, rien ne peut m’arriver
Entouré de ses bras je me sens protégé
Le vent frais sur mon visage me fait penser
A ces matins d’hiver où les fleurs sont gelées.

Sous son chapeau c’est lui le plus beau mon papa
Sous son chapeau, c’est lui le héros mon papa.

J’essaie d’accrocher son regard, pour y trouver
L’amour et la fierté si longtemps refoulés
Que ne donnerais-je pas pour lire dans ses yeux
Le peu d’affection qui me rendrait si heureux.

Sous son chapeau c’est lui le plus beau mon papa
Sous son chapeau, c’est lui le héros mon papa.

Un seul de ses sourires ravit ma journée
Et ces tendres mots embellissent mes pensées
Ce chef de famille, je l’aimerai toujours
Ainsi va la vie, c’est le cycle de l’amour
Comme la roue du vélo, qui tourne sans fin
de mon cher papa, j’en aurai toujours besoin.


Texte: Gilles THERON -2020- Habite Rennes

Cette fois ce n’est pas les lignes des phares des voitures dans la nuit, ce n’est pas du « faire joli ».Non, le filé du photographe a suivi une simple bicyclette. Un père et son fils, tandem saisi en mouvement, peut être sur leur seul moyen de locomotion.. Le jeune garçon est assis en amazone sur le cadre, fier et heureux de regarder son papa à la bouche édentée. Il est fort le papa, il pédale vite malgré la pluie sans regarder devant lui parce qu’il offre toute son humanité et son sourire troué au monsieur qui prend une photo. Ah leurs sourires à ces deux là… deux petites lumières dans la nuit d’une vie qu’on devine modeste et pauvre.