Un texte, une image

Prémonition !!!

Les yeux cernés par la fatigue,
la lassitude sur les visages, et la marche en avant continue…
Sans relâche, inexorablement, ils veulent arriver au bout du chemin…

« Esperanza, Fuerza, » !!!
Des mots compris par chacun, partagés par tous.

Comme sur cette photo ; au dessus de leur tête, un ciel lourd , sombre, pesant qui défie le printemps, ces hommes et ces femmes recouverts de poussière de cendre, luttent contre l’abandon, flirtent avec la mort. Pourtant , leur masque sur le visage, en guise de protection imaginaire, ils avancent toujours et toujours car ils savent…

Ils savent que malgré leur apparence la lumière les accompagne et les habite.
Ils savent qu’au bout du chemin, il y aura le soleil.
Ils savent que la rédemption sera là car ils croient.
Ils savent qu’ils gagneront car rien ne pourra arrêter leur détermination.

Non ! Ce ne sont pas les soignants d’aujourd’hui, ce sont les soignants des âmes. Un même combat, une même similitude prémonitoire que J.C. Martinez a figé sur la pellicule
Au cours de son pèlerinage vers Le Rocio en 2017, l’artiste a été frappé par ce besoin impérieux de l’Essentiel .
Un signe visionnaire ?
Un message à diffuser ?

C’est par le prisme de son objectif qu’il est le relais de l’espoir.

Ensemble,par la communion de nos forces, par la révélation de ce que l’Homme a de beau , par la contribution de chacun pour un quotidien de respect et de tolérance, nous arriverons au bout du chemin.
Que notre chemin s’appelle Rocio, Compostelle , Stevenson ou Covid, c’est en chacun d’entre nous que nous trouverons la force de la victoire.

Brigitte MAFFRE BAUGE -habite dans l’Hérault-


Texte; Alain Fornells -2020- fabricant de meubles modestes dans l’Hérault

Mes pieds ne pourront fouler le sol qui porte ces personnes et je n’aurais peut-être pas perçu ce fragment d’univers ainsi s’il m’eut été donné de le vivre.
La photo est un filtre qui ne diffuse ni les sons, ni le sens tactile, ni les odeurs, ni la mobilité.
Ouverte vers une culture qui m’est étrangère, cette image pourtant transmet la force des présences, des émotions. Trois visages inconnus et graves se tournent vers moi venant d’un instant ancien , d’un autre-part précis, d’un réel que j’ignore.
La prégnance, la douceur des yeux est renforcée encore par les masques cachant une part des visages.
Ces masques sont portés pour se protéger : de quel danger ou gêne propagés par l’air ; des particules fines de sable ?
Ils sont un écho inquiétant avec l’actualité sanitaire actuelle, un rappel insolite de notre vulnérabilité, de notre besoin permanent d’air limpide.
Et la photo au lieu de séparer l’univers du voyant et celui du sujet en vision les relie étonnamment en un partage imprévu.

Masque, objet banal des chantiers où le béton fuse en poussières sous la scie : De l’état très dur il devient aussi fluide qu’un gaz hostile.
Masque filtre partiel contre les poussières de bois, de pierre, de peinture : Une brume claire pour le bois, rouge pour la brique sciée, grise si elle provient du béton.

Dans mon atelier, elle se pose comme une gelée blanche, matant les surfaces brillantes et les meubles deviennent des cubes pâles. Elle fait une chrysalide sans volume sur le sol, partout, même certaines surfaces verticales en sont veloutées. La trace de mes pas fait une mêlée de chemins. Empreintes négatives ici, elles sont positives si je sors : sombres puis claires ; et mes fenêtres rejettent cette fumée. Mes vêtements la protent partout, faisant penser à la propagation virale, danger de nos jours actuels.