Un texte, une image,
Vous avez envie d’écrire : c’est le moment !
Je vais publier régulièrement une image sur les réseaux sociaux. Si elle vous inspire, vous déclenche une émotion, un souvenir, je vous propose d’écrire 10 à 15 lignes. Une amie écrivaine m’aidera à sélectionner les textes que je vais publier ensuite sur mon blog : https://jeanclaudemartinez.wordpress.com
Vous pouvez également aller sur mon site internet : www.martinez-photo.com
choisir une image et m’adresser votre texte.
Vos contributions me permettront peut-être d’imaginer une publication.
Pour les textes publiés et vous remercier je vous offrirai mon dernier livre « Chemins vers le Rocio » http://www.suerte-editions.com/chemins_rocio. que vous pourrez retirer à mon atelier lors de jours meilleurs.
Merci de m’adresser vos textes par mail : jean.claude@martinez-photo.com

Au cours des derniers jours j’ai reçu plusieurs textes concernant cette image. Un grand merci aux personnes m’ayant envoyé leurs contributions qui nous offrent différentes lectures d’une même image. Je vais intégrer au fur et à mesure les nouveaux textes qui me seront envoyés.

Face à la vague Portugal Praîa de Mira 1991

Texte: Gilles Théron, habite Rennes

Et le bâteau des pêcheurs s’enfonce dans les entrailles du volcan de la mer, il fait face.Il veut forcer le passage, entrer dans le choc, en quête du poisson d’après la vague qui courbe le dos de l’homme exposé. L’homme, ombre chinoise sur fond d’écume passée au tamis du soleil, est assis écrasé d’ eaux violentes. Un aviron noueux devant lui prêt à rompre coupe le déferlement, brise les gouttes féroces qui montent à l’assaut pour tenter d’embarquer les hommes. Vaines prétentions.
Les marins, gens debout, arcqueboutés, tiennent bon.
Ils manoeuvrent, s’activent, se tendent vers l’horizon qui vient, qui monte comme une autre mer. Calme, poisonneuse.


Texte: Alain Fornells, créateur de meubles modestes

Il me faut demain penser à caler la table qui oscille. Je suis peut-être déjà somnolent, assis à la proue de ma chambre, pointue vers le vent marin d’ici.
Le plancher tangue, un peu d’eau de mer projetée hors de l’écran s’est mêlée à mon infusion de romarin.
Embarquée dans la photo, ma pensée est diffuse, comme l’air et l’eau mêlés un instant, dans cette l’image qui fait écho à nos barques symboliques.


Texte: Javier Gutierrez Caracuel, chirurgien à Séville

Verano 2021:
!Manoloooo te dije que limpiases la barca con lejía mi armaaaa! , tú ya sabes por lo del coronavirus ese que empezó to este follón por primavera del año pasado …, pero quillooo, no me eches más en los ojos…! Para!!!Para ya !!!


Texte: Inés Romero Pérez, habite en Andalousie

« La barca de la Salvación ».
No vamos sólos, remamos juntos. En el temporal, hay quien se agota, está quien reza y quien empuja…Pero siempre, aunque alguien perezca, a la voz de quien avista tierra, todos volvemos a remar juntos con más fuerza; para llegar después de cada trágico viaje a la Salvación de quienes quedan.


Texte: RAOUL BARTHES, habite Béziers

Je vais laisser aller mon stylo, sans plan préconçu, sur ce que m’inspire cette photographie. Me sont venues à l’esprit tout d’abord deux œuvres : l’une littéraire : « Les travailleurs de la mer » de Victor Hugo, l’autre picturale « Le radeau de la méduse ».

Pourquoi tout d’abord le tableau de Géricault ?
Je ne sais pas, mais il me semble que ces hommes pourraient être éventuellement condamnés à un sort semblable quand on voit la fragilité de l’esquif face à cette monstrueuse vague. De plus, appeler un bateau « Méduse » est presque une faute prémonitoire quand on sait que « Méduse », l’une des gorgones, avait un regard mortel.

Qu’adviendra-t’il de cette barque ? Un seul homme rame, vaincra t’il l’élan de la vague ? Un autre, torse nu, semble effrayé et dubitatif quant au coup de rame de son compagnon dont on distingue mal le visage, de même qu’un matelot, la tête couverte d’un capuchon, semble déjà vaincu et résigné. Que font les autres ? A nous de l’imaginer : mais aucun ne rame.
Pourquoi maintenant « Les travailleurs de la mer » ? Parce que c’est un groupe de pauvres qui doivent, pour gagner leur vie, affronter les éléments. Le flanc de la barque au premier plan semble bien mince et d’un bois ordinaire, pour résister à la vague.

Et j’en viens maintenant à cet élément qui en soi seul occupe dans la photographie autant de place que l’humain. Je dis humains plutôt que hommes parce que c’est le grand combat de la nature in-humaine qui a toujours nié et vaincu les efforts de l’humanité.

Le virus actuel en est un terrible exemple. Nous sommes à l’instant où la vague éclate et risquerait de disloquer le frêle esquif. Le rameur lui-même courbe l’échine sous l’effort et la peur. Et le paradoxe, c’est que l’élément naturel, malgré sa force et sa brutalité recèle une certaine beauté. Cette poussière d’eau, brillante, qui se résout en écume nous fait oublier qu’elle oppose à l’effort des hommes sa puissance quelquefois insurmontable. Et c’est le symbole de ce combat éternel que livre l’homme contre la nature.

Il a souvent semblé que nous pouvions domestiquer et dominer les éléments naturels, mais malgré notre science et nos techniques la nature se venge souvent.

Mais, miracle de la photographie, on oublie que celui qui tient l’appareil photo est au bord de la plage et d’ailleurs le filet d’eau, tout en bas l’illustre bien.